[Retour sur] Une rencontre connectée entre les associations creusoises

Le 16 novembre dernier a eu lieu la 1ere édition d’ « Associations Connectées 23* ». Cette journée était dédiée aux associations du département (et au-delà) pour partager un état des lieux de leurs usages numériques et découvrir, à travers des témoignages, de nouvelles expérimentations numériques pour faciliter le bénévolat, améliorer la communication de l’association ou encore favoriser une cogestion administrative.

Retour sur les témoignages en présence de Jérémy Galliot (Hiero et le Réseau des Indépendants de la Musique de Nouvelle-Aquitaine), de Karl Courgnaud (CRESS Nouvelle-Aquitaine) et de Ronan Bancelin (GANG).

Tous trois ont mobilisé au sein de leurs structures associatives des outils numériques pour répondre à une évolution territoriale (contexte géographique qui s’étend et éloignement), à un agrandissement de l’association (multiplication des membres) ou encore à la nécessité de favoriser la participation. Trois destins alors liées à des outils virtuels qui questionnent tant dans leur choix, que dans leur prise en main et l’utilisation par tous ; mais aussi, qui interrogent l’éthique même de l’association.

  • L’outil numérique en tant que levier de la coopération

En peu de temps, la CRESS est passée d’une logique locale (Limousin) avec des organisations bien rodées, vers une logique régionale élargie passant ainsi à l’échelle Nouvelle-Aquitaine. Un changement considérable tant pour les bénévoles administrateurs que pour les salariés qui sont passés de 4 à 12 salariés et qui, en termes d’espace, s’organisent aujourd’hui sur 3 sites (Bordeaux, Poitiers et Limoges). L’enjeu pour la CRESS NA était de pouvoir faciliter le travail coopératif et la circulation de l’information. Plusieurs outils ont été mis en place dont « la gare centrale » : « un système comme un site internet uniquement pour les salariés et les administrateurs qui peuvent ajouter des informations (brainstorming, agenda partagé, co-écriture de projet, compte-rendu de réunion,…) ». L’équipe salariée, grâce à un accompagnement dédié, a facilement pris en main cet outil qui a permis à la fois de faciliter l’interconnaissance entre eux (leur façon de travailler,…) ainsi que le travail quotidien et le partage d’informations entre 3 sites éloignés. Cependant, cet outil numérique ne permet pas à ce jour, que les administrateurs puissent s’en emparer. « Une perspective est de travailler avec les administrateurs, les former et réfléchir à des outils adaptés ».

  • Le numérique au service d’un réseau 

Le GANG (Groupement Associatif des Nuits Guérétoises) regroupe des associations, collectifs, bars liés par une même envie, celle de développer et faire découvrir les musiques actuelles et les cultures alternatives sur le territoire creusois et plus particulièrement sur Guéret. Né en 2009, ce groupement à rapidement eu besoin de s’organiser avec l’aide d’outils numériques pour faire vivre le collectif en dehors des rencontres physiques. L’objectif était de « travailler dans le bon sens sur un territoire où l’on fait tous la même chose ». Pour cela, le GANG a mis en place divers outils dont un site internet sur lequel les membres partagent et communiquent leur programmation, leurs informations… « qui servent [à la fois]l’Autre et la dynamique collective ».

  • Le numérique facilitateur du travail des bénévoles et de la gouvernance

Le Réseau des Indépendants de la Musique (RIM) de Nouvelle-Aquitaine, a vécu, à l’image de la CRESS NA, une évolution du territoire d’action passant d’anciennes régions à une grande nouvelle région Nouvelle-Aquitaine. Au-delà de l’agrandissement du territoire d’action, c’est bien la gouvernance qui a questionné les bénévoles de l’association et ses membres. Le RIM a alors décidé d’utiliser des outils numériques pour faciliter la gestion de l’association et les prises de décision à distance. A termes, le RIM intègrera finalement ces évolutions numériques dans leurs statuts en autorisant le vote électronique pour « des actes simples de la vie de l’association afin de rendre plus réactive et plus représentative la décision des membres et des administrateurs » (extrait des statuts du RIM – NA). Une vraie révolution pour ce réseau qui souhaitait alors « ne pas subir la situation mais plutôt être proactif ».  Bien sûr tout ne va pas de soi, « on va avoir les mêmes travers que dans la vie », c’est-à-dire que les administrateurs qui ne venaient pas lors de réunion ou ceux peu mobilisés ne le seront pas plus facilement par le biais du numérique. Pour autant « l’utilisation de ces outils par les structures fonctionnent et permet d’essaimer la démarche au sein même de ces structures ». Aujourd’hui, l’enjeu est de faire évoluer les outils actuels vers des logiciels libres « car cela pose la question de l’éthique ».

3 témoignages qui nous ont permis de mieux se saisir de l’enjeu du numérique au sein de nos associations pour faciliter le travail au quotidien dans des salariés (s’il y en a) que des bénévoles. Et, une question partagée par tous : celle de l’éthique, pour ne pas perdre son identité et rester cohérent avec nos valeurs.

 

*Journée co-organisée par le réseau ALISO (acteurs du lien social), le réseau TELA (Tiers-lieux creusois), La Palette (Tiers Lieux social, membre d’ALISO et de TELA), le CDOS (Comité Départemental Olympique et sportif 23), à la Quincaillerie à Guéret.

Auteur de l’article : ALISO